À la Cour de Launay, aux Fougerêts (56), l’histoire ne se lit pas seulement dans les murs. Elle se retrouve aussi dans les carreaux de terre cuite qui ont accompagné les transformations du manoir au fil des siècles.
Étudié par l’Inventaire Bretagne, il est l’un des rares édifices du XVe siècle encore conservés dans le secteur de Malestroit et de Redon.
La restauration engagée par les propriétaires permet aujourd’hui de redonner toute leur place à ces éléments anciens. Elle a notamment fait émerger une histoire singulière autour de plusieurs carreaux de pavement, conservés pendant près de vingt-cinq ans avant de rejoindre finalement la Cour de Launay.

Un motif qui permet de retrouver une trace
L’histoire commence avec un carreau découvert lors de travaux, photographié et partagé sur le site internet du manoir. Son décor, une étoile à huit branches, rappelle à un amateur de patrimoine plusieurs carreaux qu’il conserve lui-même depuis près de vingt-cinq ans. Ceux-ci avaient été récupérés dans une ancienne maison familiale située dans une commune voisine avant qu’elle ne soit vendue.
La similitude de décor le conduit à proposer ces carreaux aux propriétaires de la Cour de Launay afin de leur donner une nouvelle vie. Malheureusement, il décède avant de faire aboutir ce projet. A la Cour de Launay, on a cru cette opportunité perdue, mais c’était sans compter sur le fait que ce « sauveur de carreaux » avait pu en parler à son fils qui lui-même eut à cœur de faire aboutir le souhait de son père. Les carreaux ont donc pu rejoindre la Cour de Launay. Après nettoyage et calibrage, ils vont être réemployés dans le manoir, pour le sol de la chambre haute de l’aile ouest.
Des motifs déjà connus dans le patrimoine local
Au-delà de leur histoire récente, ces carreaux présentent un intérêt pour la connaissance du patrimoine local. Plusieurs de leurs motifs trouvent en effet des correspondances dans d’autres édifices.
L’étoile à huit branches est connue à la Cour de Launay, mais aussi au Bézy et à la Grée Michel. Une fleur de lys est également attestée à la Grée Michel. Un troisième motif, très altéré, reste pour l’instant à identifier.
La restauration permet ainsi de réunir à nouveau des éléments séparés pendant plusieurs décennies, tout en apportant de nouvelles observations sur les pavements anciens de la Cour de Launay et du territoire environnant.
Une histoire de carreaux, mais aussi de transmission, de mémoire familiale et de retrouvailles.