inventaire et valorisation du patrimoine de bretagne

En Bretagne, l’Inventaire du patrimoine se construit avec les territoires ! La Région Bretagne accompagne, depuis 2022, l’opération sur Couesnon Marches de Bretagne. Cap sur cette démarche en cours, avec Thomas Concy, chef de projet labellisation Pays d’Art et d’Histoire.

L’INVENTAIRE DU PATRIMOINE, UNE TRADITION ANCIENNE POUR UN TERRITOIRE SÉCULAIRE

Dès 1975, l’Inventaire Bretagne s’est intéressé aux secteurs de l’Antrainais et du Coglais. D’une charpente datée de la première moitié du XVe siècle à un linteau en granit délicatement ouvragé au siècle suivant et niché dans les maçonneries d’une habitation rurale, en passant par des constructions en terre ou à pans de bois, l’Inventaire déroule l’histoire d’un territoire patiemment construit au fil des époques, riche d’une grande diversité de patrimoines bâtis.

L’opulence parfois affichée par certains édifices peut étonner en ce milieu rural. Attribués à la prospérité autrefois liée aux commerces des toiles de chanvre et de lin, mais aussi à la présence d’élites nobiliaires, ces édifices sont porteurs d’un passé digne d’être valorisé, au même titre que d’autres, plus humbles, affichant des techniques et matériaux de construction à sauver du péril.

Les campagnes d’Inventaire offrent des clés de lecture de l’évolution de ces patrimoines, entre disparitions et réhabilitations modifiant leur faciès. Cette maison située au lieu-dit Chanteloup (Le Tiercent, 35) incarne parfaitement ces transformations opérées au fil du temps. 

 

À gauche : Maison avec un toit de chaume, Le Tiercent, 1976, (c) Région Bretagne. 
À droite : Cette même maison, 50 ans plus tard, (c) TC_CMdB.

 

L’Inventaire raconte également les façons de vivre le territoire, à travers les patrimoines vernaculaires qui l’innervent, indissociables de son paysage. C’est le cas de fours à pain, de fournils, de puits, de lavoirs ou encore de croix de chemin. La redécouverte de certains patrimoines de proximité en permet la valorisation par des acteurs de terrain. Restaurations, visites guidées, conférences ou publications sont ainsi proposées par des associations locales, telles que l’APPAC, Entre Everre et Minette, Histoire et Mémoires de Saint-Brice ou encore l’Office de Tourisme Couesnon Marches de Bretagne.  

Le fournil communal en terre crue de Saint-Rémy-du-Plain, redécouvert en 2021 par l’APPAC a ainsi été restauré en 2024. L’action engagée a éveillé les consciences quant à son caractère patrimonial et son potentiel en tant que lieu de sociabilité. Aujourd’hui, le fournil est régulièrement allumé et la convivialité s’organise autour de la cuisson de pains ou de pizzas au feu de bois.   

Fournil communal, 2024, (c) Région Bretagne.

 

Au fil des années, des campagnes thématiques ont ajusté leur focale sur des objets d’étude aussi variés que les patrimoines religieux, industriels, castraux ou encore sportifs nourris par le territoire et documentant ce dernier. L’une d’elles intégrant des données locales porte sur les moulins à papier et papeteries industrielles de Bretagne (2014-2015). Riche d’enseignements, cette étude démontre combien Couesnon Marches de Bretagne, jadis territoire de marche, entretenait des liens soutenus avec les villes côtières.    

Le patrimoine immatériel n’est pas oublié par l’Inventaire. Preuve en est la récente étude des chapelles et pardons au sein de laquelle Rimou figure en bonne place pour le pays de Fougères, avec sa fête des cônes célébrée chaque année au 15 août.  

 

À la découverte (collective) du territoire, vers un Pays d’art et d’histoire !  

Couesnon Marches de Bretagne entend contribuer, à travers sa candidature au label Pays d’art et d’histoire, à mettre en lumière les actions engagées sur le terrain et proposer des temps de valorisation complémentaires.  C’est bien aussi le sens donné aux nouvelles enquêtes d’Inventaire en lien avec la Région Bretagne et l’APPAC. Il s’agit d’une réelle opportunité au service de la connaissance et de la protection des patrimoines locaux, nourrissant tout à la fois le projet scientifique du Pays d’art et d’histoire et les réflexions autour de la création d’un PLUi.   

 

Cette relance de l’Inventaire se divise en deux temps complémentaires :  

  • Celui d’un travail de terrain qui doit compléter les données déjà récoltées, parfois lacunaires ou erronées ;  
  • Celui de la synthèse documentaire qui doit qualifier l’ensemble des données accumulées et les confronter à des documents d’archives.

 

Un rythme d’une à deux communes à étudier par an, de manière à assurer un suivi confortable des contributeur.ice.s et de garantir un rythme optimal de traitement des données. Les habitant.e.s, en tant que contributeur.ice.s bénévoles, sont placé.e.s au cœur du projet. Cette démarche permet la mise en place de temps de partage et de cohésion autour d’une thématique convoquant connaissances du territoire et plaisir de se plonger dans les souvenirs de chacun.e.  

 

Paroles de contributeur.ice.s à l’Inventaire, citoyens bénévoles de Rimou – François Huart, Yves Mancel, Nicole et Michel Pairé, Yves Tison  

« Ce qui nous a motivé à rejoindre cette démarche d’Inventaire, c’est avant tout notre goût pour l’histoire et en particulier celle de notre commune. Porter un regard sur notre passé, c’est également porter un regard sur la vie de nos ancêtres, si perceptible au quotidien dans les patrimoines de cette commune dans laquelle nos familles sont fixées depuis des siècles. L’Inventaire est une très bonne chose, puisqu’il permet de connaître et de conserver pour transmettre aux générations futures ».  

La démarche d’Inventaire, mobilisée sur les 10 ans d’une labellisation, offre une solution aux quatre enjeux du projet Pays d’art et d’histoire, qui s’articulent en une boucle vertueuse :  


La candidature au label Pays d’art et d’histoire est la traduction d’une vive attente de terrain et d’une volonté politique forte de faire de la valorisation des patrimoines un atout du territoire. La poursuite de l’Inventaire du patrimoine dans le cadre de cette labellisation se veut un véritable outil au service du label et de ses enjeux, mais aussi des politiques transversales convoquées par le label. Qu’il s’agisse de l’urbanisme, du tourisme, de la culture, du maintien du cadre de vie ou encore de la cohésion sociale, nombreux sont les domaines qui seront au cœur des préoccupations du label. Les réflexions autour de ces sujets seront, de facto, nourries par l’Inventaire.

 

En charge du projet de labellisation Pays d’art et d’histoire : Thomas CONCY, [email protected]