
On les voit sans les voir, les ouvrages en pierre sèche, discrets mais essentiels font partie de l’identité du littoral breton. Construits au fil du temps, ils façonnent une grande partie des espaces littoraux intermédiaires. L’aménagement de ces milieux témoigne de savoir-faire anciens et d’une adaptation fine aux dynamiques terre-mer. Aujourd’hui encore, ils jouent un rôle essentiel dans la protection des côtes, la gestion de l’eau et l’accueil de la biodiversité. Pourtant, soumis aux effets du changement climatique, à l’érosion et aux changements d’usages et de pratiques, ces patrimoines se fragilisent et disparaissent peu à peu. Se pose alors la question de leur mémoire et de notre capacité à en tirer des ressources pour l’avenir.
Depuis 2022, en lien avec l’étude Patrimoines et transitions, la Région Bretagne a initié un Inventaire des ouvrages en pierre sèche. L’objectif : identifier, recenser et analyser la diversité des ouvrages mettant en œuvre ces techniques constructives pour mieux connaître, protéger et transmettre.
C’est le sens de la démarche qui s’initie avec le Conservatoire du littoral. Grâce à l’application GLAD, il s’agit de compléter la connaissance des ouvrages littoraux.
Mur de soutènement en pierre sèche, (c) Région Bretagne
Une journée pour penser la mémoire des littoraux et guider les choix de demain
Face aux disparitions successives et menaçantes de ce patrimoine, la problématique peut être prise à revers : mettre en mémoire avant que cela ne disparaisse, puis transmettre à partir de celle-ci. Des enjeux que le Conservatoire du littoral propose d’explorer durant une journée dédiée à la mémoire, à l’occasion de son 50ᵉ anniversaire, mardi 19 mai 2026 aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, à Rennes (35).
Ouverte à un public professionnel sur inscription, cette journée croisera approches scientifiques, participatives et culturelles pour mieux intégrer la mémoire des sites dans leur gestion et leur avenir.
Pensée comme un temps d’échanges, cette rencontre abordera la mémoire comme un bien commun : comment la collecter, la transmettre et la mobiliser au service des projets, dans un contexte de profondes mutations environnementales et sociétales ?
Cette journée invite à repenser les liens entre mémoires, territoires, patrimoines et transitions. Faut-il tout conserver, ou apprendre aussi à documenter ce qui s’efface ?”